La ballade d'Iza, Magda Szabó



Un père qui se meurt, une mère qui craint la vie solitaire et l’abandon, une fille qui cherche à s’occuper au mieux de ses parents ; il me paraît difficile d’évoquer ce roman de Magda Szabó sans le faire paraître banal et « déjà vu ». Il l’est en partie par son thème de la vieillesse et des relations intergénérationnelles, représenté par les personnages d’Iza et surtout de sa mère. Toutes deux le ressentiront fortement lors de leur cohabitation à Budapest, loin du village où a vécu toute sa vie la vieille dame. À petites touches narratives, l’auteure donne une profondeur psychologique à chacun de ses personnages et, surtout, dépeint la solitude intrinsèque des êtres humains. Tous cherchent à faire de leur mieux dans ce roman, à rendre leurs proches heureux, mais obtiennent l’effet contraire suite à une mauvaise compréhension de leurs besoins et désirs. Pour ne citer qu’un exemple, en emmenant sa mère dans son appartement moderne dans la capitale, Iza pense agir de la meilleure façon et ne la verra pas dépérir lentement, car elle se sent elle-même mal à l’aise suite à la perte de son intimité. Ce personnage, dont le roman porte le nom, semble fasciner : il est sans cesse question d’elle, tandis qu’elle n’apparaît et se révèle vraiment qu’en fin de roman. J’ai eu du mal à comprendre l’attirance qu’elle suscitait et ai été bien plus touchée par la détresse de sa mère, sa solitude, son souci de bien faire, son besoin d’être active, finement dépeints dans quelques scènes de maladresse. 

Cette narration lente de la vie quotidienne, à travers laquelle transparaissent les grandes idées du roman, m’a donc séduite et donné l’envie de poursuivre la découverte de la littérature hongroise. Si vous aimez les romans familiaux et les récits féminins, celui-ci pourrait vous plaire et mérite d'être lu selon moi. 

[Magda Szabó, La ballade d’Iza, trad. par Tibor Tardös et revu par Chantal Philippe et Suzanne Canard, Paris, éd. Viviane Hamy, 2009 / 1re publication : 1963 ; 1re traduction française : 2005 (?)]

2 commentaires:

  1. D'elle j'ai lu La porte il y a quelques années. Le sujet pouvait aussi paraître banal mais j'avais beaucoup aimé. Je note celui-ci, du coup.

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    1. Ce roman-là est souvent évoqué sur les bandeaux publicitaires des livres de l'auteure, je le lirai sans doute aussi un jour ; en attendant, j'ai craqué pour Le faon, une histoire très sombre qui m'a immédiatement attirée. J'espère que cette Ballade te plaira autant qu'à moi. Il y a quelque chose dans l'écriture de cette auteure qui me donne envie d'y revenir.

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