La duchesse de Bloomsbury Street, Helene Hanff



Après en avoir tant rêvé dans sa correspondance avec la librairie londonienne située au 84, Charing Cross road, Helene Hanff a enfin pu s’offrir un voyage à Londres en 1971 et retrouver ses chers auteurs à travers leurs maisons ou leurs rues. Elle y rencontre également de nombreux admirateurs empressés, ce dont elle sera la première surprise, avant d’y réagir avec humour en se dotant du titre de « duchesse de Bloomsbury Street ».

Cette anecdote et bien d’autres sont narrées dans ce journal de voyage publié deux ans plus tard. J’y ai à nouveau goûté l’humour d’Helene Hanff et son ton piquant, notamment à l’égard de quelques traditions anglaises ou des attitudes de ses admirateurs. À tout hasard, entre le récit d’un couple de londoniens qui n’a pas quitté son appartement lors de son voyage à New York et l’agacement de la « duchesse » face à tous ces gens persuadés qu’elle aime les librairies, j’ai retenu ce passage relatif à la mode et à ceux qui la font :
Vous ne pouvez imaginer combien je suis amusée chaque fois qu’on évoque mon élégance. J’ai porté le même genre de vêtements toute ma vie, et des années durant on m’a fait comprendre que j’avais tout d’une bohémienne. […] (Un sac à main vous oblige à choisir entre votre portefeuille, vos lunettes et vos cigarettes. Sélectionnez seulement deux de ces articles et vous n’êtes plus certaine de pouvoir le fermer.) […] Ce qui fait que pendant des années j’ai été cette petite horreur qui courait de tous côtés en talons plats, pantalon et sac à bandoulière. Aujourd’hui je n’ai toujours rien changé à mes habitudes, mais après une vie entière de disgrâce mon style est salué dans les pages de l’Evening Standard. [pp. 40-41]

Si j’ai partagé l’émotion de la diariste qui se trouve enfin sur les lieux où ont vécu des auteurs dont elle connaît quelques pages par cœur et souri à ses petites moqueries, j’ai en revanche été moins sensible au sujet même du récit : la visite de Londres. Ce n’est pas une ville qui me fascine, ni que je connais très bien, et j’ai souvent manqué de référents pour partager l’enthousiasme d’Helene Hanff face à tel ou tel monument dont j’ignore tout (et qu’elle n’a pas forcément pris la peine de décrire en détail). De même, mes lacunes en littérature anglaise ne m’ont pas toujours permis de comprendre toutes les références ou certains jeux de mots.

[Helene Hanff, La duchesse de Bloomsbury Street, trad. et éd. de Jean-Noël Liaut, Paris, éd. Payot et Rivages, 2004 / 1re édition : 1973 ; 1re traduction française : 2002]

* Merci Flo ! *

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