Fin(s) du Monde. 20 récits pour en finir avec l'Apocalypse



De temps à autre, je m’aventure hors de mes habitudes littéraires et tente à nouveau des genres qui ne m’attirent pas au premier abord ou auxquels j’ai eu du mal à adhérer. Ce fut le cas avec ce recueil de nouvelles publié par les Artistes Fous associés : comme son nom l’indique, ce groupe revendique une certaine folie et volonté de choquer dans ses textes, que le thème imposé oriente vers la science-fiction et le fantastique d’anticipation. On retrouve donc dans ce recueil quelques monstres et zombies, des projections dans un futur encore fort proche de nous, des préoccupations écologiques et des scénarios-catastrophes, entre autres. Autant dire que ça partait plutôt mal avec moi… Malgré tout cela, j’ai globalement apprécié ma lecture, ainsi que la plupart des illustrations, elles aussi réalisées par divers artistes, et plus particulièrement trois nouvelles que j’évoquerai davantage ci-dessous.

Chacun des auteurs du recueil a su s’approprier le thème de la fin du monde et en a proposé sa vision, contribuant à l’hétéroclisme de l’ensemble : cela donne autant lieu à quelques inégalités qu’à la possibilité de toucher un public très large. J’ai personnellement préféré les écritures les plus classiques et ai été dérangée par le style (trop) familier de Bibliophobia de Mathieu Flux, qui séduira peut-être d’autres lecteurs, de même que le poème très rythmé (un slam ?) de Herr Mad Doktor, Crises tentaculaires. Je suis également certaine que d’autres que moi seront sensibles aux petits jeux stylistiques, comme les deux Clic ! (Southeast Jones et Ludovic Klein) ou de Southeast Jones, tandis que je l’ai davantage été aux nouvelles plus longues et prenant le temps de construire un monde ou une ambiance. Les trois textes que j’ai retenus parmi les vingt proposés correspondent justement à cette caractéristique.

Mon premier coup de cœur a été pour De terre et de sang de Herr Mad Doktor. Après les premiers textes au style très « oral », j’ai été agréablement surprise de trouver un texte plus « écrit ». J’ai ensuite été séduite par la façon qu’a l’auteur d’amener la chute de son récit : sans en faire trop, ni tenter de lui conférer une originalité qu’elle n’a pas forcément. Je n’en dirai guère plus, sinon que la métaphore y est très bien filée et la fin parfaitement juste (avec ce qu’il faut d’émotion).

Le second texte à avoir retenu mon attention n’est pas forcément celui qu’on pourrait considérer comme le meilleur de l’auteur dans ce recueil, mais le thème tranchait avec les précédents et m’a plu. Dans Contrat, Southeast Jones revisite le mythe de la tentation de Satan et du contrat avec le démon. Celui requis par le narrateur est assez inédit et aura des conséquences qu’il n’avait sans doute pas envisagées…

Enfin, le dernier, mais non le moindre, de mes textes préférés est La fin d’un monde de Corvis. L’auteur s’interroge, comme Vincent T. (L’apocalypse selon le prince Jean et Souvenirs) entre autres, sur la figure du/des survivants, de façon très réaliste. Il met en scène un groupe d’astronautes assistant, impuissant, à la destruction de toute vie sur terre, suite à la collision avec un astéroïde. Cette dernière communauté humaine tente ensuite de survivre et de s’organiser. Les personnalités des uns et des autres vont se révéler, ainsi que la part de bestialité de l’être humain. Cette nouvelle  m’a semblé éprouvante, par le réalisme de son scénario, loin de l’idéalisation héroïco-morbide observée ailleurs, avant de se terminer sur une touche humoristique et presque moqueuse dans la chute.

En conclusion, je conseille sans hésitation ce recueil aux amateurs de ce type de littérature, qui y trouveront certainement leur bonheur parmi toutes les variantes apocalyptiques proposées.

[Fin(s) du Monde. 20 récits pour en finir avec l’Apocalypse, éd. des Artistes Fous, 2012.]

Note : ce recueil peut être téléchargé gratuitement sur le site des Artistes Fous associés.

* Merci à Southeast Jones pour l'envoi de cet ebook * 

4 commentaires:

  1. Je passe sur ce recueil. Peut-être un jour mais lointain pour le moment :D
    Bonne journée Minou bises ;)

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    1. Je m'en doutais. ;)
      Bonne journée, bises.

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  2. Moyen pour moi : ne suis pa sadhérene aux thèses apocalyptiques, un tort sûrement !

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    1. Tu l'as lu ? Ou il ne te tente pas ? (Je suis fatiguée et pas sure de comprendre, désolée :s) Je n'adhère pas forcément à ces théories non plus, remarque, mais les voir mises en scène de diverses façons était assez intéressant et m'a changé de mes habitudes. Je n'appellerais pas forcément ça un tort. ;)

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