Sonietchka, Ludmila Oulitskaïa

Présentation de l’éditeur :

Depuis toujours, Sonia puise son bonheur dans la lecture et la solitude. C’est dans une bibliothèque que, à sa grande surprise, Robert, un peintre plus âgé qu’elle, qui a beaucoup voyagé en Europe et connu les camps, la demande en mariage. Avec Robert et, bientôt, leur fille Tania, Sonia n’est plus seule, elle lit moins, mais, malgré les difficultés matérielles de l’après-guerre, elle cultive toujours le même bonheur limpide, très légèrement distant et ironique. Des années plus tard […]

Note : j’arrête ici la présentation de l’édition Folio que je trouve trop bavarde : elle résume toute l’histoire, du début à la fin, dans ses moindres détails ou presque.


Mon avis :

Si je ne connaissais pas la nationalité de l’auteure avant de commencer ma lecture, je pense que je l’aurais devinée dès les premières lignes tant tout dans ce roman, de l’intrigue à la narration, en passant par les personnages, m’a rappelé les œuvres d’auteurs russes que j’ai lues. Cette littérature est l’une de celles que je considère comme les plus marquées par un certain style qui imprègne ses productions. C’est davantage un ressenti de ma part qu’une observation objective, mais si je devais donner les caractéristiques de cette « empreinte russe », je citerais un certain réalisme dans les ambiances et les cadres historico-spatiaux, des personnages assez désenchantés, une narration distante et ironique, et un humour subtil et pince-sans-rire, notamment. Tous ces éléments sont en tout cas présents dans ce premier roman de Ludmila Oulitskaïa : on y suit la vie de Sonia, surnommée Sonietchka, jeune femme qui m’a paru assez fade et à laquelle je ne suis pas parvenue à m’attacher. Il en a été de même pour les autres personnages, plutôt insignifiants et médiocres. La narration distante et ironique que j’évoquais ne favorise pas l’empathie, mais invite plutôt à l’observation. C’est un regard assez particulier, différent de celui auquel je suis habituée dans mes lectures, mais dans lequel j’aime me plonger de temps à autre.

ABC au féminin : Sonietchka, dont le roman porte le nom, en est le personnage principal, autour duquel gravitent son mari et deux femmes : sa fille, Tania, et l’amie de celle-ci, Jasia. Toutes trois ont un caractère et une histoire assez différents, témoignant en quelque sorte de l’époque dans laquelle s’insère le texte et des changements qui s’y opèrent.


Sonietchka et la lecture :
Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu’à la dernière page du livre.
Elle avait pour la lecture un talent peu ordinaire, peut-être même une sorte de génie. […] Qu’était-ce au juste ? Une incapacité totale à comprendre l’élément de jeu présent dans tout art, la confiance ahurissante d’une enfant attardée, une absence d’imagination abolissant la frontière entre le fictif et le réel, ou bien, au contraire, la faculté de se laisser si complètement absorber par un monde imaginaire que tout ce qui restait en deçà des limites de cet univers perdait son sens et sa substance ?
[OULITSKAÏA Ludmila, Sonietchka, trad. du russe par Sophie Benech, Paris, Gallimard, 1998, coll. Folio, pp. 10-11.]



1 commentaire:

  1. Une lecture en demi-teinte, donc. Mais le sujet de la lecture, quand même...

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