La Princesse de cristal, Paola Stévenne & Loren Capelli

Présentation de l’éditeur :

« Il était une fois un enfant dans un château sonore, fait de bruissements, de pas et de présence subtile, avec une princesse qui se cache et dont le petit pois serait un caprice général sur la matière dont elle est faite : le cristal. Une princesse donc qui peut casser comme un jouet, comme un rêve, comme un départ aussi. Une métaphore sur la nécessité de quitter père et mère, sur l'apprentissage d'un art car au commencement était le chant des oiseaux.
La Princesse de cristal est une superbe fable musicale racontée par Pietro Pizzuti, sur une musique de Fabian Fiorini au piano avec Magic Malik à la flûte et Laurent Blondiau à la trompette.»
Pascale Tison

L'écriture et la réalisation de Paola Stévenne s’adresse à tous, dans ce langage imagé qui est le propre du conte, associé à l’exigence d’une écriture contemporaine.
Les dessins tantôt fluides, tantôt hachés et pointillés de Loren Capelli accompagnent magnifiquement l’ensemble.


Mon avis sur le livre-papier :

Ce conte de Paola Stévenne est particulièrement émouvant et très riche de sens : tandis que Pascale Tison y a lu une métaphore de la nécessité de quitter père et mère, j’y ai davantage ressenti la peur de la maternité, des émotions et de la vie, ainsi que la crainte d’un père de voir son enfant souffrir. La fin évoque pour moi le danger de cette peur de vivre qui étouffe avant de finir par éclater, brisant tout sur son passage. Le cheminement vers la musique, quant à lui, au contraire, m’est apparu comme un parcours plein de vie : ce n’est qu’à force d’expériences, de confrontation avec le monde qu’a pu naître le chanteur du récit.
Je relirai certainement ce conte de temps à autre et suis certaine que j’y trouverai toujours un sens dominant différent tant il est riche et très bien construit.

Le texte est accompagné d’illustrations de Loren Capelli : je les trouvais un peu trop simplistes et enfantines au début (surtout le château), mais cela a fini par prendre sens à la fin du récit. Si le narrateur a imaginé toute cette histoire, enfant, il est logique que cela marque les dessins. Ceux-ci sont très tendres, tracés à l’encre bleue, non coloriés : la princesse apparaît parfois en pointillés, pour marquer sa fragilité et le matériau – le cristal – dont elle est faite.
Ces illustrations ne me plaisent donc pas plus que ça, mais accompagnent parfaitement ce conte, tout en laissant la place aux divers sens possibles.


Mon avis sur le livre musical :

La lecture du conte par Pietro Pizzuti est accompagnée de musiques composées par Fabian Fiorini (piano) et interprétées par Laurent Blondiau (trompette) et Magic Malik (flûte) : j’ai écouté le CD en suivant les illustrations dans le livre, afin d’avoir une impression d’ensemble. Cet accompagnement sonore apporte une nouvelle dimension non négligeable au conte et est très agréable à écouter. Le lecteur pose les intonations de façon juste et donne vie à ces personnages qui la refusent. Surtout, peu à peu, on entend naître la musique et le chant de l’enfant, depuis le chant des oiseaux initial. Les instruments eux-mêmes prennent le ton du récit, et il suffit alors de fermer les yeux pour évoluer soi-même dans ce château métaphorique.
Tour à tour discordantes et harmonieuses en fonction des situations, les mélodies pourraient presque raconter le conte à elles seules.


Une belle découverte.


ABC au féminin : même si le personnage principal devient progressivement le petit chanteur, la princesse de cristal reste au centre de l'attention de celui-ci, donc également du lecteur. De plus, c'est elle qui fonde toute la métaphore filée dans le récit, ainsi que le monde musical ainsi créé.


1 commentaire:

  1. Ca doit être bien ! J'ai déjà entendu Pietro Pizzutti, un bel artiste.

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