Les arcanes du métro. Petite chronique de la vie souterraine, Baptiste Roux

Présentation de l’éditeur :

La collection « Petite philosophie du voyage » invite Baptiste Roux, professeur de lettres, à pénétrer dans l'univers souterrain du métro, monde en miniature qui révèle les secrets de la ville. Emblème de la vie urbaine, vecteur d'un imaginaire architectural et technique, il est aussi le lieu populaire et poétique où s'échangent sourires, regards et promesses.


L’adresse liminaire au lecteur :
Lecteur, toi qui as fait l’acquisition de cet ouvrage, attiré par le sujet ou la couverture, ne commets pas l’imprudence de le lire dans ta maison de campagne ou sur une île bretonne. Prends plutôt place à bord d’une rame en tête de ligne et laisse-toi conduire par le train et la lecture en levant la tête dans les interstations ou lors de l’arrêt en gare. Tu pourras ainsi accorder le voyage à ton activité pour accompagner ces quelques dizaines de pages à leur terminus…
[ROUX Baptiste, Les arcanes du métro. Petite chronique de la vie souterraine, Paris, Transboréal, 2010, coll. « Petite philosophie du voyage », p. 11. ]

Je n’ai pas eu l’occasion de prendre le métro et de suivre ce conseil de lecture, mais à défaut, tout comme pour La poésie du rail du même auteur, j’ai lu ce petit livre dans le train où les conditions météorologiques automnales (la nuit qui tombe tôt, ainsi que le brouillard, a rendu le paysage autour de moi invisible et les vitres opaques) se sont réunies pour favoriser mes illusions et mes souvenirs métropolitains.


Mon avis :

Ce voyage-lecture a été un véritable enchantement, un de plus grâce à la collection « Petite philosophie du voyage » de Transboréal. Tout comme dans son ouvrage sur les trains et leur poésie, Baptiste Roux a su adapter son écriture au rythme du voyage qu’il décrit : les paragraphes développent chacun une idée principale et sont assez fragmentés, scandés par les arrêts presque. Il est très facile d’interrompre sa lecture, le temps de descendre sur le quai ou de monter dans la rame (la voiture, dans mon cas), puis de la reprendre une fois installé. J’ai vraiment ressenti une forme d’adéquation entre mon voyage physique et celui de ma lecture.

Néanmoins, l’esprit du métro est très différent de celui du train, son « noble » homologue, et l’auteur l’a très saisi. Il retrace l’histoire de ce moyen de transport si particulier, fruit d’une pensée utilitariste, et de ses gares, à travers le temps, mais aussi les villes, chacune y apposant sa marque et sa culture. Si l’auteur semble aimer les lignes pures du métro de Lisbonne, je suis plus attirée par les ors russes et le métro « [sorti] de la malle de jeux d’un enfant hongrois » [p. 22.] de Budapest.  A quelques exceptions près, ces brèves descriptions m’ont toutes fait rêver, tout comme le récit des déambulations nocturnes des cataphiles dans les souterrains parisiens (ville la plus évoquée dans le livre, ce qui m’a rappelé bien des souvenirs). Les deux-trois anecdotes relatées à propos des passagers, quant à elles, m’ont beaucoup amusée et fait rire.

C’est à travers tous ces éléments, par petites touches, que Baptiste Roux esquisse une petit philosophie, ou plutôt une mythologie comme il la qualifie, du métro, qui passe si inaperçu aux yeux de ses usagers, mais qui véhicule tant d’imaginaires et de richesses.

A défaut d’une redécouverte, comme y invitait l’auteur en fin d’ouvrage, ce fut pour moi une découverte de cet univers fascinant. 
 
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Cet article est également publié sur le blog Passion Bouquins.

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